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Application de suivi de contact covid 19


La pandémie du covid19 a fait émerger son lot d’innovation technologique, en vue de permettre une meilleure riposte globale. L’une des créations les plus en vue aujourd’hui est le contact tracing, déjà déployé en Europe et aux USA. Son déploiement sera-t-il aussi aisé en Afrique ?

L’Afrique mitigée dans les avis attribués au contact tracing

Le célèbre dicton dit que le cœur a ses raisons que la raison ignore et moi je dis que l’Afrique a ses réalités uniques et propres au continent Africain. La sphère technophile africaine ne reste inactive face au Covid 19 et nous remarquons que plusieurs applications de traçage font leur apparition en suscitant des avis mitigés quant à leur efficacité. Au-delà de l’aspect fonctionnel, divers freins peuvent ralentir une adoption à grande échelle de cette innovation. Ils peuvent juste être d’ordre culturel et sociologique chez certains. Pendant que les uns recommandent des applications de traçage à leur gouvernement, d’autres sont dans la panique totale et nourrissent des appréhensions. Préjugés ou convictions ? l’avenir de la pandémie du Covid 19 en Afrique nous en dira long.

Le contact tracing : qu’est-ce que c’est ?

Les technologies de contact tracing émergent de la manipulation du GPS et du Bluetooth. Elles émanent de l’hypothèse que 2 individus présents au même endroit et rapprochés puissent se contaminer avec la présence d’une personne porteuse du virus. Le contact tracing appelle ici le processus automatisé de négociation des paramètres de deux terminaux, qui veulent entrer en communication, plus simplement nommé le « handshake ».

Autrement dit, l’application attribue un profil spécifique à un individu infecté (Patient Alpha). Dès qu’il s’approche d’une certaine distance de son entourage, les applications de ces personnes reçoivent une notification les plaçant automatiquement sur la liste des personnes à surveiller ou à traiter. Ceci selon la gravité du cas du Patient Alpha.

Les applications de traçage se heurtent à un mur en béton

Nous sommes en train de poser les premiers obstacles à l’efficacité des applications de traçage. Nous venons de parler là de terminaux, et dans ce cas précis, il s’agit de téléphones portables. Alors que tout le monde ne dispose pas de téléphone mobile (nous avons un taux de pénétration d’environ 55%), il est difficile de miser aveuglément sur des résultats efficients avec cette technologie.

Dans certains pays asiatiques comme la Corée du sud, nation exemplaire dans la gestion du Coronavirus, le contact tracing constitue une mesure de base dans la riposte au Covid 19. Ceci est possible grâce aux conditions technologiques déjà existantes. Des conditions dues à un taux de couverture de la connexion internet de 92,7%, une excellente adoption du smartphone avec 77,7%, couplés à l’utilisation du GPS qui géolocalise et affecte des couleurs aux citoyens en fonction de leur statut.

En Afrique, les applications de traçage ont moins de succès. Au-delà des aspects fonctionnels et de l’environnement technologique, nous notons d’innombrables autres considérations. Nous pouvons en citer:

  • l’appréhension des violations à la vie privée;
  • la peur de la stigmatisation;
  • l’analphabétisation et l’illettrisme;
  • la manie de faire de certains sujets de maladies des sujets tabous;
  • le coût de la connexion Internet nécessaire à la récolte et à la centralisation des données.

Des limites plus que légères

Nous observons d’autres limites aux applications de traçage :

  • La favorisation de faux positifs : deux personnes peuvent être proches, mais en respectant chacune les mesures barrières (port du masque et mesures de protection individuelle…) ou en étant distancées par un obstacle qui altérerait l’émission du signal Bluetooth comme des cloisons, des murs ou vitrages.
  • L’essentialité du communautarisme face à l’utilisation de l’application : si une petite proportion de la population utilise l’application, l’impact attendu ne sera pas effectif.
  • L’inefficacité de l’application face aux porteurs asymptomatiques du virus.
  • L’inanité du contact tracing dans le cas où le virus ait été déposé sur une surface puis contracté par une personne en contact avec la zone plus tard.

Parmi tous ces facteurs, nous avons des situations impliquant des éléments d’équité sociale et des éléments scientifiques et technologiques. Ainsi que d’autres facteurs beaucoup plus encrés dans les us et coutumes, donc très difficiles à modeler.

Ceci justifie alors le fait que l’efficacité des applications de traçage soit grandement remise en question par la population et les institutions Africaines. Il ne suffirait pas de copier des modèles de riposte au Covid 19 qui ont réussi à certains pays occidentaux. Le challenge serait d’étudier de manière rigoureuse les particularités de chaque peuple et d’adapter les mesures sanitaires en fonction des réalités socio-économiques des groupes.


Comment se présenterait alors la solution idéale pour l’Afrique :

  • Une solution utilisant une technologie autre qu’Internet pour collecter et centraliser les données (géolocalisation, triangulation, installation de bornes de collectes à des endroits stratégiques ?);
  • Une approche qui puisse être utilisable par des téléphones basiques (inscription via USSD ?);
  • Et surtout une solution non contraignante, qui n’éloignera pas la population de ses habitudes (inscription automatique, lors d’une recharge téléphonique ?).

N’hésitez pas à nous faire part de la solution que vous pensez idéale en commentaires.

One Reply to “Applications de traçage des contacts liés au Covid 19 : Top ou flop ?”

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